Présentation d’artiste en résidence

L’artiste résidente Céline Huyghebaert est venue le 21 septembre dernier présenter son travail de recherche ainsi que ses réalisations effectuées à Zocalo.

Biographie de l’artiste

Le travail de Céline Huyghebaert a été présenté dans plusieurs expositions individuelles et collectives (Fonderie Darling/2017, DARE DARE/2017, Formats/2016, Centre canadien d’architecture de Montréal/2012, etc.). Elle a participé à des expositions sur le livre d’artiste ici et à l’internationale, notamment le Toronto Art Book Fair (2017), l’exposition édition/forme/expérimentation (remix) commissariée par le Collectif blanc (2017), ou Fanzines! à Paris (2012). Ses textes ont été publiés dans différentes revues, mais aussi dans des contextes expérimentaux de diffusion comme la microédition ou la dissémination anonyme.

Démarche artistique

On a l’habitude d’envisager le livre comme une structure fixe, définitive. Mais il peut aussi être une forme inachevée, un montage à recommencer pour réécrire sans arrêt l’histoire et la maintenir mobile. C’est de cette manière que je l’envisage dans ma pratique en développant un espace transdisciplinaire entre la littérature et les arts visuels.

De la même manière que les artistes conceptuels ont utilisé le livre d’artiste dans les années 1960 pour remettre en cause le fonctionnement du monde de l’art et de son marché, j’utilise des objets littéraires pour interroger les modes de diffusion traditionnels en arts visuels qui reposent sur l’objet d’art collectionnable. Mais à cela s’ajoute un positionnement face au milieu littéraire lui-même : dans mon travail, j’interroge aussi les modes de diffusion littéraires actuels avec une pratique de microédition ou des œuvres littéraires qui sortent le texte du livre. Cela m’incite à travailler le texte autrement, en prenant en compte sa relation avec le mur, la page, l’écran, le son ou l’espace, et en réfléchissant aux contraintes temporelles de réception du texte, qui changent selon le support utilisé.

À l’intérieur de cette pratique à mi-chemin entre la littérature et les arts, je m’intéresse particulièrement à la manière dont le document peut s’intégrer à la fiction. L’utilisation du document dans un univers artistique donne à ce dernier une épaisseur sonore, émotionnelle, poétique propre à son nouveau statut d’œuvre. Mais ce déplacement fait du même coup peser un soupçon sur son statut de preuve. J’utilise les documents trouvés, le texte, le livre, les arts imprimés et le dessin pour faire apparaître les silences que l’Histoire ne retient pas, ce qui ne laisse pas de traces. Je travaille avec des matériaux pauvres, la photocopie, le papier, les rebus et retailles qui sont produits et rejetés.

Site internet: Céline Huyghebaert