C’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous accueillons en résidence Yannick De Serre, Mila Figuet, Emmanuelle Jacques, anisi que le duo formé de Dominique Desbiens et Ariane Valade. Ces résidences s’inscrivent dans le cadre du projet Le soin des habitude, commissarié par Dounia Bouzidi et Amber Berson.
Le soin des habitudes propose d’explorer le thème du soin (« care »), à travers les manières dont il prend corps et en s’intéressant à ses dualités. Il interroge les pratiques collectives et individuelles du soin, à travers des propositions en art imprimé.
Le fruit de leur travail sera présenté dans le cadre d’une exposition collective à Agrégat en septembre 2026.
À propos des artistes
Yannick De Serre
Depuis plus de 20 ans, l’artiste explore les pratiques élargies de la gravure et du dessin. Il orchestre le contraste des émotions : amour-haine, vie-mort, absence-présence, via la rencontre et l’installation d’oeuvres bidimensionnelles et tridimensionnelles.
Dans le cadre de la résidence, Yannick De Serre approfondit la relation qu’il entretient avec son oeuvre, en tant qu’artiste-soignant. Il explore les qualités de la fibre du papier japonais et ses échos avec celles de la peau humaine, à travers l’impression en monotype. Cette démarche invite à considérer la fibre comme un corps capable d’émotion et de mémoire.
Mila Figuet
Mila Figuet est une artiste de performance et auteure basée à Tiohtià:ke/Montréal. Sa pratique mobilise l’art comme un outil d’action et de sensibilisation face aux violences basées sur le genre. À travers des performances participatives, des interventions publiques et des installations audiovisuelles, elle interroge les structures de domination et les silences qui entourent la violence, ainsi que les possibilités de résistance, de guérison et de réappropriation par l’art.
Dans le cadre du projet, l’artiste s’intéresse à la notion de labeur invisible, invisible labor, dans la guérison et le soin, ou tout ce qui est accompli gratuitement, en silence, dans l’ombre, pour survivre et se réparer. L’artiste abordera la thématique à travers le document imprimé, historiquement lié à la preuve, à l’administration et à l’archive, afin d’en faire un outil critique : produire des documents pour questionner le pouvoir des documents.
Emmanuelle Jacques
La pratique d’Emmanuelle Jacques est issue du dessin et des arts imprimés, et allie l’écriture et l’art relationnel. L’artiste s’intéresse aux représentations du territoire, à l’autogestion, au féminisme, à l’économie, à la maternité, au travail invisible, aux végétaux, aux interstices et aux utopies. Elle étudie ces enjeux en s’inspirant de méthodes empruntées aux sciences sociales, comme la contre-cartographie, la sociologie de terrain et la fabulation critique.
Dans le cadre de la résidence, l’artiste poursuivra Faire partie du paysage, un projet de recherche-création qui retrace et fait connaître l’héritage de l’esclavage et l’histoire de personnes noires dans la région de Brome-Missisquoi. À Zocalo, elle réalise des gravures avec la technique du moku hanga, tout en travaillant avec des matériaux locaux pour la fabrication des encres et du papier. Le soin est ainsi abordé sous plusieurs angles : comme technique, comme éthique et comme moyen de restaurer des liens brisés avec le territoire.
Dominique Desbiens et Ariane Valade
Ariane Valade est une artiste visuelle travaillant principalement dans le domaine de l’art imprimé et du textile. Dominique Desbiens est artiste et imprimeuse basée à Tiohtià:ke / Mooniyang / Montréal, Canada. Elle travaille principalement en sérigraphie, développant une pratique qui allie maîtrise technique et procédés expérimentaux. Leur pratique collective explore les points de rencontres entre les techniques artisanales et les procédés industriels, en particulier à travers l’impression textile.
À travers ce projet, les artistes explorent la thématique du soin à travers les rituels de bronzage, traitant le corps comme un grand anthotype, exposé à la lumière naturelle et artificielle. Elles exploitent également le procédé de la photogravure, permettant de matérialiser la permanence et la trace du geste, en lien avec la dimension ritualisée du soin.