RÉSIDENCE – ZAYNAB GHAÏS-MORTADA

En collaboration avec la Manifestation JE/US, Zocalo accueille Zaynab Ghaïs-Mortada en résidence du 15 août au 19 octobre

 

zaynab ghais mortada friends 2018 tire de deplacer des montagnes 2Basée à Tiohtiá:ke/Mooniyang/Montréal, Zaynab est à la fois artiste visuelle, chercheuse et agricultrice dédiée à la culture d’arbres fruitiers, de potagers et de jardins fleuris sur l’île.

Chercheuse, sa pratique se situe aux croisements de la philosophie (phénoménologie et épistémologie), de l’histoire et de la politique québécoises.

Elle s’intéresse notamment aux questions de la temporalité, du banal, de la mémoire, du territoire, de la corporéité et du divin. Ses recherches ont fait l’objet de publications dans des ouvrages tel que Périphérie, What Makes a Lake? Tracing Movement et Macaroni.

Son projet de résidence 

Déplacer des montagnes met en dialogue des images que j’ai capturé au courant des 16 dernières années lors de mes promenades régulières le long des berges de la rivière des prairies –skowanoti en kanien’kéha ; back river en anglais– dans mon quartier d’enfance du même nom. À travers mon rituel de marche quasi-quotidienne, j’ai assisté d’année en année à la transformation et à la dégradation de l’habitat de plusieurs populations qui côtoient les rives de cette étendue d’eau polluée.

Dans Déplacer des Montagnes, je m’intéresse aux traces de vécus autour du pont Olivier-Charbonneau qui enjambe la rivière, et aux débris laissés dans ses environs à la suite de sa construction. Le titre du projet fait allusion aux collines, ou buttes artificielles formées par l’accumulation massive de terre et de débris déterrés lors de la phase de construction du pont routier (2008-2011); collines qui se dressent sur ce qui était autrefois un boisé, décimé pour faire place au pont.

Au fil des ans, une colline en particulier est devenu un site régulièrement visité, incitant un inconnu à planter un tabouret à son sommet. Bien que cette colline fasse face à la rivière, où les couchers du soleil sont d’une beauté stupéfiante, l’imposante structure haubanée se dresse entre elles et obstrue la vue. Du sommet de la colline, on ne voit qu’un défilé incessant de véhicules traversant le pont.

L’histoire de cette colline est l’histoire d’une autoroute, l’histoire de la dégradation de skowanoti et de la disparition d’une multitude de formes de vies qui s’y rattachent. Ces histoires s’inscrivent dans un récit politique plus vaste d’embourgeoisement et de déplacements dans le secteur.

jeus

 

agregat e1755538599905

Articles similaires