Incendie (les pompiers)

2024

Gravure laser sur plaque d’acrylique coulé

Processus de création des œuvres

C’est autour de l’idée d’une exposition extérieure et publique que ce projet s’est articulé. Enfant, le premier contact avec la gravure est souvent le frottage, au moyen d’une feuille de papier et d’un crayon de mine, contre l’écorce d’un arbre, par exemple. De manière similaire, quoique différente, la gravure repose sur un relief et la trace d’un passage, d’une pression. Le projet propose donc de mettre le public à l’œuvre, dans une démarche participative et de sensibilisation à l’impression. En plaçant les matrices d’impression dans l’espace urbain, le public peut passer à l’acte et devenir auteur, s’émerveiller de l’apparition d’une image, faire l’expérience des variations de pression.

Les images gravées dans les matrices s’inspirent de deux images d’archives. Au milieu des motifs, un œil attentif apercevra des silhouettes humaines en interaction avec les bâtiments : sur l’une, il s’agit d’un peintre, donnant un coup de neuf au clocher auquel il est suspendu, sur fond de ciel ; sur l’autre, il s’agit de deux pompiers, tentant d’éteindre un incendie. À travers des réalités bien différentes, ces deux images rappellent combien l’espace urbain est un lieu de vie, marqué par de grands événements et de petites routines.

Aperçu de la démarche artistique personnelle

Dans sa démarche artistique, il s’intéresse au récit que chaque forme transporte, que ce soit un lieu, un objet d’art ou un geste quotidien. Ainsi, sa pratique puise aussi bien dans l’histoire des formes et des usages que dans le présent des formes vernaculaires et des agirs du quotidien. Gauthier Kriaa aime construire ses propositions dans la rencontre avec ce qui l’entoure. C’est pourquoi il s’attache à inscrire ses travaux (visuels ou à activer avec l’autre) dans des contextes de dialogue avec un public. Il aime penser que le travail est “porté” par ce qui l’entoure, que dans l’exposition à l’autre, en le concevant pour/avec l’autre, il en garde une trace. Il voit cette trace comme la charge sémantique, politique, mais aussi émotionnelle, dont l’œuvre est porteuse. Une charge née d’une rencontre (que rend visible le motif de la superposition par exemple, ou de l’estampe) qui ouvre un nouveau regard, une nouvelle impression de l’espace que l’on partage.

 

Gauthier Kriaa