Galerie virtuelle

Monts et Vallées - Nouveaux horizons en gravure

Zocalo, centre d’artistes vous invite à découvrir, du 31 octobre au 12 novembre, Monts et vallées – Nouveaux horizons en gravureune exposition collective et temporaire qui réunit dix artistes. 

 

L’exposition, commissariée par Caroline Ariane Bergeron et Jocelyne Thibault, présente le travail des artistes Cassandre Boucher, Stéphanie Bourgault, Annie Conceicao-Rivet, Marie-Claude Gendron, Céline Goudreau, Levana Katz, Camille Lamy, Michelle LaSalle, Élise Massy et Gilles Samoisette.

Monts et vallées – Nouveaux horizons en gravure

Le centre d’artistes Zocalo est fier de présenter l’exposition Monts et vallées – Nouveaux horizons en gravure qui célèbre l‘ingéniosité des artistes à développer de nouvelles avenues en s’appropriant le médium qu’est la plaque photopolymère. Ces artistes ont su explorer les possibilités amenées par cette technologie et l’adapter à leur propre sensibilité, en exploitant de manière inusitée ses particularités lors de la conceptualisation ou de l’impression de leurs images. Les commissaires Caroline Ariane Bergeron et Jocelyne Thibault ont privilégié dans le choix des artistes et des œuvres présentées ici l’innovation, le dépassement et l’individualité, tout en valorisant les utilisations plurielles et novatrices de la plaque photopolymère.

L’innovation est d’abord mise de l’avant dans le travail d’exploration effectué par Annie Conceicao-Rivet et Élise Massy au centre Zocalo au cours des derniers mois. Leurs recherches visaient à développer une méthode de préparation de la matrice qui soit à la fois plus efficace et plus écoresponsable, en mettant au point une technique d’impression directe de l’image numérique sur la plaque photopolymère. Cette façon de procéder permet d’éliminer complètement l’étape intermédiaire d’impression sur acétate, en plus de rendre plus net le transfert de l’image. Elles cherchent ultimement à mettre le fruit de leurs recherches à la disposition des autres artistes qui pourront s’y référer et se l’approprier.

Au-delà des considérations technologiques, et bien qu’aucune thématique spécifique autre que celle de l’utilisation de la plaque photopolymère n’ait été formulée lors de l’appel de dossiers, les commissaires ont constaté plusieurs points de rencontre dans les œuvres proposées par les artistes. 

Les images créent des allers-retours visuels entre le temps présent et le souvenir, en considérant le potentiel mémoriel et intime de l’image imprimée. Les artistes travaillent l’image et les effets d’apparition/disparition, du visible et de l’invisible (Gendron, Samoisette). Les commissaires notent aussi l’intérêt des artistes envers les archives et les diverses manières de se les approprier, qu’elles soient personnelles (Bourgault) ou trouvées (Boucher). D’autres chercheront à représenter l’intimité du contact avec la nature et la transformation de leur environnement (Goudreau, Lamy).

Les artistes en appellent aussi à l’écriture pour introduire la poésie dans la composition de leurs images, qu’elle soit en avant-plan pour en faciliter la lecture, brouillée par le truchement de superposition de matières, ou amenée par l’abstraction: les mots évoquent et racontent (Goudreau, LaSalle), des motifs prennent forment dans la calligraphie qui s’enlace (Katz). 

Le temps est un autre moteur de créativité qui traverse leurs œuvres: celui relié à la mémoire comme celui figé dans un instant photographique (Samoisette). Il se manifeste aussi dans la durée d’exposition influencée par les conditions climatiques. Qu’il s’agisse du degré d’ensoleillement au moment de révéler les plaques (Gendron) ou de la température qui agit sur la sensibilité de l’appareil photographique lors de la prise de vue (Lamy), ces facteurs amènent une part d’imprévisibilité que les artistes accueillent et exploitent.

Les artistes apprécient les qualités esthétiques propres à la gravure et s’ingénuent à les mettre en valeur. Par exemple, on voit apparaître des effets de veloutés et un fin de jeu de transparence dans la superposition de papier japonais (Boucher, Katz). Pour d’autres, le mouvement du papier en suspension ou la dimension spatiale de l’image imprimée participent activement à la vitalité de leurs œuvres (Bourgault, LaSalle).

Avec le désir de constamment faire évoluer le maillage entre les médiums et leurs approches plastiques, les artistes relèvent avec brio le défi du renouvellement et du dépassement. Dans ces monts et vallées, on découvre la diversité des perspectives et des horizons incarnés dans l’individualité de chaque artiste.

-Texte de Caroline Ariane Bergeron et Jocelyne Thibault

Ce projet a reçu un appui financier dans le cadre d’une entente de partenariat entre le Conseil des arts et des lettres du Québec et l’agglomération de Longueuil.